La meilleure étude de marché est un acte de vente

Vous voulez lancer un nouveau projet ? Je parie que votre premier réflexe est de demander un budget pour une étude de marché.

C’est rassurant, n’est-ce pas ? On interroge des panels, on remplit des fichiers Excel, on paie des consultants pour nous dire si les gens pourraient éventuellement acheter.

Spoiler : La seule étude de marché qui ne ment jamais, c’est un acte de vente.

L’intention n’est pas la transaction. Entre un client qui dit « C’est une super idée ! » et celui qui sort son carnet de chèque, il y a un gouffre qu’une étude de marché ne comble jamais.

L’exemple culte : Hotel Formule 1 (Groupe Accor)

Quand les promoteurs du concept sont allés voir Paul Dubrule et Gérard Pélisson pour demander un budget d’étude de marché sur l’hôtellerie ultra-économique, la réponse des co-PDG a été brutale :

— « Combien coûte la construction du premier hôtel ? »

— « Environ le prix de l’étude. »

— « Alors construisez l’hôtel. »

C’est ainsi qu’est née l’une des plus grandes success stories du groupe. Ils n’ont pas analysé le marché, ils l’ont créé.

Récemment, une équipe m’a sollicité pour financer une étude sur le potentiel d’un produit à fabriquer au Maroc. Ma réponse ?

« Oui pour le budget mais pas pour une étude de marché. Importez une petite quantité, allez sur le terrain et essayez de la vendre. »

Si vous arrivez à vendre un produit importé, vous aurez la preuve réelle du besoin, le prix psychologique exact et les objections des clients en main. C’est la donnée la plus précieuse au monde.

Attention : Tout ne se vend pas en un clic ⚠️

Soyons lucides, mon propos a des limites.

Il existe des contextes où “tester par la vente” est physiquement ou financièrement impossible. Si vous développez une turbine aéronautique, un nouveau médicament ou une infrastructure lourde, vous ne pouvez pas “vendre pour voir” après deux semaines.

Dans ces industries de cycle long : L’étude de marché devient un outil de gestion de risque.

Elle est indispensable pour rassurer les investisseurs sur des Capex de plusieurs millions.

Elle sert de boussole pour structurer un Business Plan là où l’erreur ne pardonne pas.

Mais pour 80% des projets ? Moins de Powerpoint, plus de bons de commande.

Et vous, vous préférez dépenser 50k€ pour un rapport ou 50k€ pour vos premiers clients ?

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